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(1771-1839)
Amadis de Gaule
Chant vingtième
Voyage en Gaule
Le lendemain de leur brusque départ,
Les voyageurs , sur leur rapide char,
Passant déjà les terres italiques,
Voyaient la Gaule. Allant s’arrêter là,
Quel changement la fée y remarqua
Et quels déchets dans les vertus antiques !
Mais un travers, qui frappait tout d'abord,
C'était ce goût, cette étrange manie
De décrier en tout point sa patrie,
De ne trouver utile, bon, parfait,
Que l'étranger, et tout ce qu'il a fait ;
Travers funeste, et plus qu'on ne peut dire,
Qu'il faut blâmer, et peut-être maudire,
Par qui maint peuple, indulgent pour autrui,
Semble oublier son nom, son rang, sa gloire,
Et se complaît à parler mal de lui
A ses voisins, enchantés de le croire.
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